Harold DEGLAS
Belge, né le 23/07/1975, 4 années au RWDM (saisons 1993-1996),
49 matches officiels (48 en D1 et 1 en CB), 9 buts (8 en D1 et 1 en
CB).
Signe prémonitoire de son destin sportif, Harold Deglas naquit
à peine quelques semaines après que le RWDM eut fêté
son premier (et unique) titre de champion de Belgique. Son père
Christian, avant d'être producteur et journaliste, avait été
un très bon footballeur, mais il avait dû arrêter
sa carrière suite à une grave blessure au genou et dissuada
donc le jeune feu-follet d'emprunter la même voie que lui. Ainsi,
Harold s'essaya tout d'abord au tennis, ensuite à l'athlétisme
(il courait le 100 mètres en 11,5 secondes et fut même
champion de Belgique scolaires en saut en longueur !), et enfin il s'adonna
au football malgré les légères craintes et mises
en garde paternelles ! Originaire d'Enghien, c'est tout naturellement
dans son club local qu'il chaussa ses premiers crampons à l'âge
de 11 ans. Nouvelle coïncidence troublante : son tout premier entraîneur
ne fut autre qu'un ancien Molenbeekois, Philippe Arno ! Le déjà
vivace et volontaire Harold se mit tellement en évidence qu'il
ne demeura finalement qu'une seule petite saison à Enghien. Il
rejoignit ainsi dès ses 12 ans la célèbre école
de jeunes du RWDM et y eut notamment comme entraîneur, un ancien
champion de 1975, Eric Dumon. Il traversa toutes les équipes
d'âge avec son numéro fétiche dans le dos, le n°7.
Tout au long de sa carrière, il s'abreuva d'ailleurs de cette
même superstition : sa vareuse affichant tantôt le numéro
7 seul ou accompagné (7, 17 ou 27) tantôt un multiple de
ce même chiffre (14, 21 ou 28). Cette règle ne connut qu'une
seule exception
lors de ses deux premiers matches en division
1 !
Tracassé par les blessures de Monteiro Rubinelson et de Lambic
Wawa, l'entraîneur Freddy Smets se décida à inclure
le jeune Harold Deglas dans le noyau A pour les deux derniers matches
de la saison 1993. C'est ainsi qu'à pas encore 18 ans, Harold
fêta sa première cape en Divison 1 lors d'un déplacement
au CS Bruges (défaite 4-0) le 9 mai 1993. Il fut d'emblée
titularisé aux côtés du véloce Edwin Van
Ankeren et ne céda sa place qu'à la 59ème à
Ilir Kepa. La semaine suivante, lors du dernier match de la compétition
contre Waregem (0-2), il foula même la pelouse mythique du stade
Machtens durant l'intégralité de la rencontre
c'était
de fort bonne augure pour la nouvelle saison à venir ! Il avait,
durant ces deux joutes, utilisé la vareuse frappée du
numéro 2 (exposée ci-contre), laissée vacante par
un blessé de longue date, Tony Mols.
Harold intégra définitivement le noyau A pour le début
de la saison 1994. Il partit ainsi en stage de préparation avec
tout le groupe dans les luxueuses infrastructures Bordelaises, au château
du Haillant. L'ambiance était à son comble avec des joyeux
drilles comme les Lizarazu, Zidane et autre Dugarry
les dancings
et autres débits de boisson locaux s'en souviennent encore !
L'apothéose du stage fut sans conteste la rixe improvisée
lors du match amical opposant les deux équipes, les jeunes Harold
Deglas et Alain Vandael ne se laissant nullement intimider par les roublards
Prunier et Huart. La concurrence aux avant-postes s'était accrue
durant la période estivale puisque pas moins de trois attaquants
nous avait rejoints : Marc Wuyts, Mark Williams et Luc Ernes. Il arbora
alors définitivement dans nos travées son célèbre
n°17 (le n°7 étant réquisitionné par Gunther
Jacob). Notre lutin ne put finalement prendre part qu'à 4 rencontres
de ce championnat sans toutefois trouver le chemin des filets adverses.
Harold se consola toutefois en participant au célèbre
Tournoi de Toulon avec notre équipe nationale des moins de 20
ans où il rencontra quelques stars en devenir comme notamment
les Beckham et Raul.
La saison 1995 allait marquer un tournant dans la carrière d'Harold
sous la houlette de son nouvel entraîneur, René Van der
Eycken. S'il dut bien attendre la 8ème journée du 15 octobre
1994 contre Ostende pour faire sa première apparition, il ne
quitta alors plus l'équipe qu'à 6 reprises sur les 26
matches restants. Il devint de la sorte le joker attitré de Maître
René et trouva même l'ouverture à 4 reprises. Nous
eûmes le bonheur de découvrir pour la première fois
son célèbre salto arrière (sa façon à
lui de fêter ses réalisations) lorsqu'il nous offrit la
victoire (1-0) le 4 février 1995 contre St Trond à 10
minutes du terme alors qu'il venait tout juste de doubler Patje Thairet.
Il récidiva ensuite à 3 reprises contre Liège (il
doubla les chiffres à la 39ème, score final 4-0 le 25
février 1995), à Ostende (il atténua la marque
à 2-1 avant de provoquer le penalty de l'égalisation,
score final 2-2 le 5 mars 1995) et à Beveren (il ouvrit le score
à la 51ème, score final 1-1 le 14 mai 1995).
Sa saison 1996 devait être celle de la confirmation et elle le
fut, vu qu'il participa à pas moins de 22 rencontres de championnat
tout en trouvant à nouveau l'ouverture à 4 reprises. Il
connut son jour de gloire le 28 octobre 1995 lorsque nous rencontrâmes
un Seraing européen. Frédéric Pierre avait bien
vite trouvé l'ouverture contre les sociétaires du Pairay
et Harold allait ensuite réaliser un véritable hat-trick
entre la 32ème et la 70ème minute, avant de mériter
sa standing ovation lors de son remplacement par le tout jeune Alan
Haydock. Il inscrivit encore un but indispensable lors de notre déplacement
à l'Antwerp à la veille de Noël, lorsqu'il égalisa
d'une tête plongeante à la 77ème minute. Quand on
sait qu'au décompte final de la saison, un seul petit point de
moins nous aurait irrémédiablement privé de notre
qualification européenne
on en saisit encore plus l'importance
! Il participa aussi à son seul match de Coupe de Belgique sous
nos couleurs le 10 décembre 1995 en seizième de finale
contre Herentals
et nous offrit la victoire peu avant la mi-temps
(2-1). Il l'ignorait encore, mais il allait prester son dernier match
officiel sous notre maillot le 6 avril 1996 contre St Trond (2-0) :
il remplaça alors Haydock à la 54ème avant de se
blesser inexorablement à une minute du terme, devant céder
sa place, la mort dans l'âme, à son pote Olivier Malcorps.
Cette blessure l'éloignant malheureusement des pelouses pour
les 4 dernières joutes du championnat, il se résigna à
demeurer dans les tribunes pour supporter ses coéquipiers dans
leur quête européenne. Approchant de ses 21 ans et très
logiquement avide de jouer plus souvent, Harold s'enquit de sa position
auprès de son entraîneur qui, en toute franchise, ne put
lui promettre un temps de jeu plus élevé.
Harold se résolut alors à relever un audacieux challenge
en rejoignant, sous forme de prêt, Waregem qui venait de chuter
en D2 pour la saison 1997. Très ambitieux, le club du Gaverbeek
avait également enrôlé Sébastien Demeersman
et Michaël Laeremans, tout en pouvant se targuer d'une ligne d'attaque
composée d'Harold et de Pascal Devreese. Auteur d'une excellente
saison, Harold fut même sacré meilleur buteur du Stade
Arc-en-Ciel avec ses 13 réalisations et 29 matches à son
compteur. Qualifié pour le tour final, il allait encore ajouter
4 buts à sa collection lors de ce mini-championnat tout en plaçant
son club en tête à une journée du terme. Possédant
un point d'avance sur Westerlo et menant même 1-0 à la
mi-temps face à ces mêmes Campinois, la remontée
en D1 sembla acquise mais Westerlo renversa malheureusement la vapeur
(1-2) et accéda pour la première fois de son histoire
à l'élite de notre football.
Revenu en transit au RWDM à l'aube de la saison 1998, Harold
tenta bien de regagner la confiance de nos dirigeants en se donnant
tant et plus aux entraînements, mais notre direction ne voulut
rien savoir et lui intima l'ordre de trouver un nouveau club sous peine
de devoir entretenir sa condition physique avec les juniors ! Harold
tenta alors un coup de poker fumant, une aventure hors du commun : en
effet, il fut le premier Belge (et l'est d'ailleurs toujours à
ce jour) à rejoindre le championnat Chinois. Très vite,
Harold devint la coqueluche de Chengdu, inscrivant 14 buts en 28 matches
tout en les positionnant à mi-classement. Comme il est grisant
et enivrant pour un buteur d'être acclamé chaque semaine
par plus de 60000 fans, ivres de bonheur ! Harold y fut considéré
comme une star : il passait tous les jours à la télévision
et un portrait à son effigie recouvrait même un des plus
hauts buildings de la ville, excusez du peu ! Et dire que pendant ce
temps, en Belgique, le RWDM chutait vers la D2 ! Même si la vie
de palace se révèle, ma foi, bien agréable, force
est de reconnaître que l'éloignement familial et la présence
d'un enfant en bas âge ne favorise pas ce genre d'expérience
lucrative à longue échéance.
C'est donc auréolé de cette formidable aura qu'Harold
redébarqua à nouveau à Molenbeek pour la saison
1999, mais la situation n'évolua à nouveau pas positivement
pour lui malgré le départ de Frédéric Pierre.
Heureusement qu'à l'époque il put compter sur le soutien
moral de Jacques Colson sans quoi il aurait sans doute mis un terme
anticipé à sa carrière de footballeur. Son manager,
Dimitri M'Buyu, lui concocta alors un superbe contrat de 3 ans avec
le club d'Alost, mais cet accord était tributaire du départ
de Lauwers pour l'Angleterre
mais celui-ci demeurant dans la Cité
des Oignons, l'arrangement devint vite caduque ! M'Buyu lui conseilla
alors de reculer pour mieux sauter, et il s'engagea alors pour 6 mois
au Rapid Lebbeke, dernier classé en D3. Ce fut un mauvais choix
et le club chuta en Promotion.
Il changea alors de manager pour la saison 2000 et son choix se porta
sur le dernier entraîneur en date du RWDM, Guy Vandersmissen.
Ce dernier lui trouva alors un juteux contrat avec l'ambitieux et riche
Promotionnaire de Wevelgem City, désireux de rejoindre la D3
au plus vite. Hélas, ces derniers échouèrent à
la place de dauphin, derrière Renaix, et cassèrent tous
les contrats de leurs joueurs, bien trop onéreux pour la Promotion.
Il signa ensuite un contrat de 2 saisons avec le SK Tongres en D3 où
il fut drivé par les entraîneurs Paul Peeters et Guido
Brepoels. A tout juste 25 ans, Harold devint le guide de cette équipe
où, assez paradoxalement, il affichait le plus de printemps !
Exsangue financièrement, le club de Tongres dut sa survie à
une synergie temporaire avec le KRC Genk. Habitant toujours Enghien,
il fut techniquement impossible à Harold de combiner son job
avec ses entraînements à l'autre bout de la Belgique. Par
amour pour son club de toujours, alors administrativement rétrogradé
en D3, Harold s'imagina même un moment resigner au RWDM pour boucler
la boucle ! Hélas, trois fois hélas, le club finit même
par être radié et complètement effacé des
tablettes de l'Union Belge.
La saison 2003 le vit alors, toujours sur les conseils de Guy Vandersmissen,
se lier avec l'Olympic de Charleroi en D3 où il retrouva trois
ans durant un entraîneur qu'il avait jadis côtoyé
comme coéquipier et capitaine au RWDM, Patje Thairet ! La première
année fut une grande réussite sportive pour les Dogues,
mais les finances déficientes torpillèrent la fin de saison.
Alors qu'ils furent sacrés champions d'automne et avaient quitté
la Coupe de Belgique la tête haute après un épique
huitième de finale au Jan Breydel Stadion du Club de Bruges,
les retards répétés de salaire incitèrent
les joueurs à se mettre en grève et se croiser les bras.
Ils terminèrent finalement la saison en seconde position. Cherchant
à se rapprocher de la région de Charleroi, la famille
Deglas élut finalement domicile à Ambresin, entre Hamptinne
et Hannut, à quelques 115 kilomètres d'Enghien où
demeurent toujours ses parents (son père Christian est toujours
aussi proche du foot Molenbeekois auquel il compte vouer un ouvrage
sous peu). Devant la promesse d'être payé à temps
et à heure, Harold demeura finalement deux années supplémentaires
à la Neuville et recula quelque peu dans le jeu, en support d'attaque
ou au milieu droit.
Avant la saison 2006, Harold avoua du bout des lèvres
en avoir soupé des vautours s'incrustant dans le foot et pensa
mettre sa carrière sportive en veilleuse, malgré quelques
belles propositions émanant de D2 et D3. C'est alors que Dame
Fortune se permit d'intervenir
Harold s'en alla inscrire ses deux
fils au Royal Football Club Hannutois et se fit gentiment apostropher
par le président Jean Delleuze, très désireux de
l'engager dans son club militant en Promotion D. Après s'être
fait prier à plusieurs reprises, l'engouement présidentiel
ne déclinant pas, Harold se laissa faire et signa chez les Verts.
Toujours bon pied bon il, Harold presta finalement 3 saisons pour
Hannut, dont la dernière en 2008 en Promotion C cette fois
et, mine de rien, sa 15ème saison de championnat ! Pour ceux
qui se sont rendus alors au Stade Ducarne, l'entraîneur Verjans
vous aura concocté une petite surprise : vous avez bien surveillé
ce vif et véloce
back droit, c'est bel et bien le toujours
affûté et souriant Harold Deglas. Des projets pleins la
tête, Harold voulait se consacrer entièrement à
son dernier club lorsqu'il remisera ses crampons au clou
même
si ce n'est pas encore pour demain !!! Hélas, alors qu'il entraînait
déjà les préminimes et les diablotins Hannutois,
il ne reçut pas de nouveau contrat en vue de la saison 2009 et
se lia alors pour 2 saisons avec Bas-Oha, club ambitieux de P1 (fraîchement
rétrogradé de Promotion) où il retrouvera sa place
de prédilection aux avants-postes. Dès sa première
saison avec Bas-Oha, il coiffa les lauriers de champion et remonta donc
en Promotion à l'aube de la saison 2010. Parallèlement
à cela, Harold s'occupa également de l'organisation de
la première Sterchele Cup où s'illustrèrent notamment
les Diablotins du FC Brussels.
Actuellement, Harold Deglas, papa poule des sportifs
Jonathan et Arthur, travaille comme représentant sécurité
auprès de grosses sociétés auxquelles il fournit
des équipements de protection individuelle pour leurs ouvriers
et employés.