Hubert CORDIEZ
Belge, né le 5/12/1954, 2 années au RWDM,
saisons 1977-1978, 81 matches (63 en D1, 5 en CB, 13 en CE), 20 buts
(19 en D1, 1 en CE).
Cadeau anticipé de la St Nicolas pour ses parents, Hubert Cordiez
(avec un Z au bout et non R comme beaucoup de journalistes l'écrirent
fréquemment fallacieusement) commença sa carrière
à Hautrage dans le Borinage et devint bien vite éducateur
diplômé à l'Ecole Normale de Mons. Il s'était
d'ailleurs affilié au club Borain à 17 ans contre l'avis
de ses parents qui ne voyaient pas cela d'un bon il. Avant-centre
vif et robuste, il planta pour sa dix-huitième année 32
buts avec son club formateur et attira donc les regards du club phare
de la région, La Louvière, alors en D3, où il fut
transféré pour 280000 francs en juillet 1972. Avec l'autre
jeunot qu'était Patrick Gorez, il fêta deux montées,
passant de la D3 à la D1 avec les Loups. En 1976, sa première
saison en D1 aurait dû être idyllique mais à cause
de la célèbre affaire de corruption Jef Jurion, le club
du Tivoli fut juridiquement rétrogradé.
Hubert Cordiez préféra donc très logiquement rester
en D1 pour parfaire son éclosion et se dirigea donc après
4 saisons au Tivoli vers le RWDM qui était en plein boum, sous
les conseils du même Jurion. Sollicité également
par le Beerschot et le Standard, il choisit Molenbeek à notre
plus grande joie. La Louvière n'y perdit pas au change vu qu'il
le vendit pour près de 5 millions FB aux coalisés. Son
ambition professionnelle était alors de s'occuper d'enfants dans
des homes, mais le RWDM lui offrit un contrat pro à plein temps.
Hubert pensait n'être que le 12ème ou 13ème homme
au RWDM, mais il avait très vite remplacé avec succès
le blessé Desanghere et donc reculé sur l'échiquier
(passant de l'avant-centre à la défense centrale avec
la même veine) pour mieux sauter ; mieux, il semble vraiment être
le footballeur pour lequel le mot polyvalence fut créé
puisqu'il fut aussi le remplaçant de Boskamp comme meneur de
jeu tout en préférant le poste d'avant-centre ! "
Hu-Hu-Hubert " ne resta finalement que deux années au RWDM,
mais ce furent sans conteste les plus belles de sa carrière.
Il apprit énormément au contact des Piet De Visser et
autre Johan Boskamp. Sa première campagne rouge noire et blanche
le vit participer à pas moins de 31 matches de championnat et
surtout 9 de Coupe d'Europe lors de cette fameuse épopée
qui nous permit de connaître la seule demi-finale de notre histoire
continentale, ne manquant finalement que le match aller contre le Schalke
04 pour cause de suspension. Il inscrivit même le quatrième
de nos buts lors de notre plantureuse victoire contre le Naestved IF
au stade Machtens. En championnat, il fut titularisé dès
le premier match de la saison, le 1er septembre 1976 sur la pelouse
de Sclessin mais attendit la 31ème joute, le 30 avril 1977 contre
Malines (5-1), pour enfin secouer les filets adverses. Il y prit goût
puisqu'il planta encore deux roses lors des trois derniers matches aux
deux Sportings (le premier contre Charleroi et le second au Parc Astrid).
A l'entre-saison, lui ayant montré la voie à suivre l'année
précédente, Hubert accueillit son pote Louviérois,
Patrick Gorez. Sa deuxième (et donc déjà dernière)
saison à Molenbeek ne lui permit que de se classer en septième
place au championnat ; nous rations ainsi l'Europe pour la première
fois de notre existence. Toutefois, les stats personnelles d'Hubert
furent excellentes : il participa à 32 matches de D1, aux 4 de
Coupe d'Europe et il se permit même le luxe de terminer de loin
meilleur buteur du club avec pas moins de 16 buts, loin devant les 9
réalisations de
Patrick Gorez. Il scora contre un peu tout
le monde : Antwerp, Waregem, Beerschot, Standard, Beringen, FC Bruges,
Lierse, Winterslag, Anderlecht (où il nous permit de mener 2-1
avant que Dockx n'égalise à 8 minutes du terme) et Courtrai
(pour son dernier match le 1er mai 1978 il clôtura le score en
guise de cadeau souvenir
pour qu'on ne l'oublie jamais !) Mais
il n'y avait aucun risque qu'on l'oublie, notre Hu-Hu-Hubert, lui qui
participa activement à notre record européen de 14 matches
d'affilée sans défaite (il en presta 13 sur les 14 !).
Il devint même diable rouge une fois cette année-là
lors d'un match amical perdu 0-1 contre l'Italie le 21 décembre
1977 où il fut remplacé à la 65ème. Le 29
avril 1978, la direction Molenbekoise ne trouva pas d'accord avec Hubert
quant au renouvellement de son contrat et fut donc obligé de
le placer sur la liste des transferts.
Plusieurs équipes s'y intéressèrent
bien sûr comme le Beerschot, Lokeren, La Louvière, Charleroi
et le Standard. Il rallia finalement le très ambitieux Sporting
de Charleroi (dont l'entraîneur en avait fait sa priorité
un certain Félix Week !) pour 10 millions de FB. Félix
plaça Hubert meneur de jeu et ce fut l'échec durant 24
mois au Mambourg. Charleroi fut même relégué en
D2, mais il resta alors en D1 à la Gantoise qui, elle, montait
justement de D2. Il demeura un fidèle parmi les fidèles
à l'Ottenstadion durant 7 longues années où sa
légendaire combativité fit fureur auprès des Buffalos.
A 32 ans, il retraversa la Belgique pour revenir dans sa région
natale aux Francs Borains où il demeura 3 années supplémentaires
avant de clore sa carrière de footballeur à 35 ans avec
la montée de P1 de Farciennes. Il entraîna encore Ath et
Farciennes qu'il maintint deux ans de suite en Promotion. Il fut également
un scout occasionnel pour les Dragons Montois lors de la saison du célébrissime
entraîneur anti-Nutella, Sergio Brio. Toujours éducateur
dans l'âme, Hubert s'occupa aussi, et ce dès la fin de
sa carrière pro, d'un centre d'entraînement pour jeunes
footballeurs en herbe à Hautrage, son village, que finalement
il ne quitta jamais, fidèle à ses principes comme à
son entourage. En 2007, cela fera déjà 20 ans qu'il aura
quitté le foot professionnel et qu'il uvrera pour la Province.