Karl-Heinz WISSMANN
Allemand de l'Ouest, né le 2/02/1947, 3 années
au RWDM, saisons 1976-1978, 95 matches (76 en D1, 5 en CB, 14 en CE),
7 buts (7 en D1).
Plutôt technique qu'athlétique, le jeune Karl-Heinz Wissmann
chaussa ses premiers crampons au DJK Gruen-Weisz Essen. Très
vite, il imposa ses boucles blondes aux reflets roux aux avant-postes,
et plus particulièrement à l'extérieur droit. Très
vite remarqué par des scouts, il passa à Werden avant
de rallier le MSV Duisburg. Il allait y prester 3 saisons parmi les
Amateurs avant de se voir promouvoir à 21 ans dans le Noyau A
lors du mois de juillet 1968. Karl-Heinz découvrit ainsi la Bundesliga
et accomplit son maiden-match au FC Shalke 04 le 11 janvier 1969. Il
allait compter 5 joutes à son compteur lors du second tour de
cette saison 1969. La saison 1970 allait s'avérer explosive pour
le jeune Wissmann qui totalisera pas moins de 30 rencontres assorties
de 6 réalisations. Il inscrivit tout d'abord son premier but
devant 38000 spectateurs au Wedaustadion contre le Bayern de Munich
le 10 octobre 1969 (victoire 4-2), et allait récidiver ensuite
contre notamment l'Alemannia Aachen, le Hertha Berlin et le FC Köln.
Il y côtoya celui qui allait devenir son meilleur ami, Alfred
Riedl.
En juillet 1970, après 35 matches en Bundesliga, Karl-Heinz
Wissmann choisit de s'expatrier pour exercer sa profession et se lia
alors avec le club belge de St Trond. Sous l'égide de son meneur
Odillon Polleunis, le club limbourgeois vivait des heures paisibles
de trouble-fête au sein de notre hiérarchie footballistique.
Karl-Heinz allait finalement demeurer pas moins de 5 saisons au Staaien,
faites de haut et de bas. Certes, il disputa bien la finale de la Coupe
de Belgique en 1971 (défaite 2-1 après prolongations face
au Beerschot), il inscrivit bien 10 buts lors de la saison 1972 et accueillit
ensuite son pote Alfred Riedl en nos contrées. Mais, d'autre
part, le départ de Polleunis au RWDM en juin 1973 ne fut jamais
compensé et le club déclina petit à petit. Karl-Heinz
ne trouva même plus l'ouverture à cinq reprises par saison
et devint le pourvoyeur officiel d'Alfred Riedl. La saison 1974 fut
calamiteuse et, malgré les 33 matches sur 34 prestés par
Karl-Heinz et les nombreux buts de Riedl, le club se classa en dernière
position et chuta logiquement en D2. Si Riedl quitta bien le navire
pour l'Antwerp où il allait devenir un des joueurs les plus prolifiques
de leur histoire, Karl-Heinz accompagna son club en D2 en 1975, mais
il ne put se classer en ordre utile pour une remontée immédiate.
Ne pouvant se permettre une seconde saison en D2, l'Allemand se lia
en juin 1975 avec le tout frais émoulu champion de Belgique,
le RWDM où il allait devenir le premier joueur germanique de
l'histoire de notre club (qui, finalement, n'en dénombrera que
deux autres, un par décennie : Benfeld et Lehmann).
Bouter un des héros Molenbeekois de 1975 hors de l'équipe
de base s'avéra une tâche trop ardue pour notre Allemand
de l'Ouest, même s'il put compter sur la présence d'Odillon
Polleunis afin de faciliter son intégration. Karl-Heinz disputa
bien les 2 dernières minutes de notre première rencontre
contre Beringen (4-0) le 17 août 1975, mais dut attendre la 4ème
journée pour se remontrer au grand public. S'il disputa bien
30 joutes, il dut surtout attendre la mise à l'écart de
Paul Van Hismt pour évoluer plus souvent aux côtés
de Willy Wellens. Hélas pour lui, il n'inscrira que 4 petits
buts à Berchem (victoire 1-4 le 7 décembre 1975), contre
le RC Malines (victoire 3-1 le 14 décembre), contre Berchem encore
(victoire 5-0 le 21 mars 1976) et enfin à Ostende (victoire 1-5
le 11 avril), bien trop peu par rapport aux espérances fondées
sur sa personne. Lors de la saison 1977, Karl-Heinz participa bien à
9 des 10 rencontres de notre épopée européenne
(il ne loupa que l'ultime déplacement à Bilbao), mais
ne prit part qu'à 18 matches de championnat sans jamais trouver
l'ouverture. Il avait bien quelque peu reculé dans le jeu afin
d'éviter la concurrence de nos attaquants mais la révélation
des Olsen et autre Cordiez lui fut fort préjudiciable. La saison
1978 allait tout de même lui offrir de meilleures statistiques
extérieures en lui confinant 35 capes officielles sur les 41
possibles, mais il ne trouva à nouveau le chemin des buts adverses
qu'à 3 petites reprises : à Boom (2-2 le 17 août
1977), contre Courtrai (5-3 le 11 décembre) et enfin contre le
RFC Liège (4-1 le 15 janvier 1978). Son dernier match sous nos
couleurs fut finalement une défaite (1-0) au Tivoli de La Louvière
le 16 avril 1978 lorsqu'il céda sa place à Gérard
Desanghere à la 74ème minute de la 32ème journée
de championnat.
Volontaire en diable, Wissmann n'aura finalement jamais réussi
à gagner sa place de titulaire, demeurant un bon réserviste
sur qui on pouvait compter mais qui ne réussit que très
parcimonieusement la mission qu'on lui alloua : marquer (7 buts en 95
joutes, un tantinet étriqué pour un attaquant de formation,
vous en conviendrez !) Ce ne fut donc pas une surprise de le voir nous
quitter en juin 1978. Karl-Heinz eut toutefois le nez fin puisqu'il
rallia le Freethiel de Beveren où, sous la direction de Robert
Goethals, il fit équipe avec les Pfaff, Janssens, Van Genechten,
Buyl, Schoenberger, Albert, Hofkens, Jaspers, Baeke, Cluytens et autre
Stevens. Cette armada allait faire la nique aux dikke neks de St Guidon
tout au long de cette saison 1979 et fut sacrée championne de
Belgique avec 4 points d'avance sur les Mauves, offrant de la sorte
le seul titre du palmarès de Karl-Heinz Wissmann. Si Karl-Heinz
fut bien titulaire lors des 9 premières rencontres du championnat,
il souffrit ensuite de la concurrence et ne participa plus qu'à
5 bribes des 25 derniers matches, lui laissant un amer de goût
de trop peu dans le fond de la gorge.
A 32 ans, sur l'insistance de l'entraîneur " Pummy "
Bergholtz, Karl-Heinz Wissmann retourna dans le club de son cur,
St Trond, qui naviguait toujours au sein de la D2. S'il participa bien
à 21 des 22 premières rencontres de la saison 1980, il
se blessa ensuite au genou et ne scora qu'à deux reprises. Sa
saison 1981 fut une longue série de déboires physiques
et sportifs, ce qui l'incita à accélérer sa reconversion
professionnelle et ouvrir un traiteur avec sa femme Carolin sur la Grand-Place
de St Trond.