Marino SABBADINI
Belge, né le 10/12/1969, 3 années au RWDM, saisons 1996
et 1998-1999, 87 matches (55 en D1, 25 en D2, 6 en CB, 1 en CL), 14
buts (8 en D1, 5 en D2, 1 en CB).
Né en terres limbourgeoises, à Genk,
lors de la célébrissime année érotique (1969),
le jeune Marino Sabbadini possède un vocable qui flaire bon le
soleil de l'Italie et ses pâtes al dente. C'est chez son grand-père
paternel que Marino puise ses origines italiennes puisque ce dernier
s'était expatrié, à l'instar de moult de ses compatriotes,
pour venir quémander du travail dans les mines en région
liégeoise. Son grand-père y rencontra alors une charmante
Allemande, union dont naquit le père de Marino, mi-italien mi-allemand
de vrais européens avant-gardistes ! Marino naquit d'ailleurs
italien et le demeura jusqu'à ses 11 ans lorsque son père
fit sa demande de naturalisation belge, entraînant logiquement
et juridiquement sa descendance dans la même voie.
Marino passa sa plus tendre enfance à Lanaken et plus particulièrement
dans le bourg frontalier de Smeermaas, à quelques 50 mètres
du Limbourg Hollandais. D'aussi loin qu'il s'en souvienne, le jeune
Marino Sabbadini a toujours été atteint du virus football.
La loi belge interdisant alors à un jeune footeux en herbe de
s'affilier à un club avant ses 10 ans, notre jeune pousse blonde
aux yeux bleus n'hésita pas à traverser la frontière
vu que la loi néerlandaise était plus laxiste en la matière
et permettait aux jeunes pousses de signer leur premier carton dès
leurs 7 printemps. C'est ainsi que Marino intégra le club batave
de Caberg durant 3 saisons en classe poussins. Sa première décennie
acquise, Marino repassa la frontière et foula les pelouses de
son village natal dès 1980 en catégorie minimes, au Fortuna
'56 Smeermaes-Lanaken. Dès 1982, il passa en Cadets Provinciaux
au Hoeselt VV et se fit bien vite remarquer en sélection représentative
limbourgeoise. Tant et si bien que le SK Tongres l'attira dans ses filets
en 1985 où il continua sa formation en Scolaires et Juniors 1ère
année. A 17 ans, Marino fêta ses premières sélections
en D2 avec le SK Tongres lors de la saison 1988, se classant finalement
en 6ème position.
Il y laissa une telle impression que le Germinal Ekeren lui fit bien
vite les yeux de Rodrigue pour Chimène. L'attrait de la D1 ne
le laissa pas longtemps de glace et il y succomba bien vite en rejoignant
la banlieue anversoise en 1989 où il allait prester 4 superbes
saisons. Alors qu'il avait toujours évolué en front de
bannière dans les catégories de jeunes, Marino recula
ensuite sur l'échiquier pour se positionner au milieu droit où
sa vivacité, sa technique, ses infiltrations et son jusqu'au-boutisme
firent merveille. Il n'avait pas encore 20 ans lorsqu'il fêta
sa première cape en D1 le 16 août 1989 à Courtrai
(défaite 3-1). Ses années au Germinal coïncidèrent
avec l'envol de ce club dans notre hiérarchie nationale : non
seulement il participa à une finale de Coupe de Belgique (perdue
contre le RC Liégeois) mais son club trusta le Top 5 du classement,
se qualifiant ainsi pour la Coupe d'Europe où il eut le plaisir
de défier le Celtic de Glasgow à l'aller comme au retour.
Durant cette période bénie, Marino Sabbadini reçut
également deux sélections en équipe nationale Espoirs.
Tous les jours il côtoyait de solides pros comme les Van de Walle,
Herreman, Snelders (le père), Vandersmissen, Hofmans, Tahamata,
Verstraeten, Schmöller, Jos Daerden et autre Lieven Heymans, excusez
du peu ! Il presta finalement pas moins de 113 matches de D1 pour les
banlieusards anversois, le tout agrémenté de 8 buts personnels.
Ambitieux, Marino se lia ensuite en 1993 avec le FC Malines où
tant le manager Paul Courant que l'entraîneur Fi Van Hoof le désiraient
ardemment. Il aurait dû prendre son envol définitif vers
les cimes, mais le club allait bien vite être rattrapé
par de lancinants problèmes financiers tout en amorçant
tout doucettement sa descente dans la hiérarchie nationale. La
première saison répondit tout de même à toutes
ses attentes vu qu'il s'imposa d'emblée derrière les Casernes
et qu'il participa à la dernière belle épopée
européenne du club de la cité archiépiscopale,
ne se faisant finalement éliminer que par le Cagliari de Luis
Oliveira au troisième tour. Marino joua ensuite de malchance
puisque non seulement il se blessa à la cheville et dut passer
sur le billard, mais il constata également le départ de
Courant et Van Hoof. A son retour, lors de la saison 1995, Marino comprit
bien vite qu'il ne faisait nullement partie des plans de son nouvel
entraîneur, Walter Meeuws. Non seulement, il le plaçait
quasi toujours systématiquement 15ème homme dans la tribune
sans jamais lui fournir la moindre explication, mais il ne le gratifiait
d'aucun soutien moral. Marino ajoutera finalement 43 matches de D1 et
2 buts à son compteur lors de son escapade Malinoise.
A l'entame de la saison 1996, Malines ayant solidement dégraissé
sa masse salariale, Walter Meeuws se remit soudainement à considérer
Marino, mais le ressort était cassé chez ce dernier. S'il
posa bien encore sur la photo officielle d'avant-saison des Malinois,
Marino rejoignit le RWDM en prêt deux petites semaines avant les
trois coups de la nouvelle saison. Il avait été flatté
par la confiance d'un René Van der Eycken qui le désirait
contre vents et marées alors qu'il venait de prester sa moins
bonne saison en D1. Laissé pour compte à 25 ans derrière
les casernes, Marino Sabbadini nous arriva avide de revanche et nous
allions en profiter un max puisqu'au bout de cette splendide saison
nous nous qualifiâmes pour la Coupe de l'UEFA. Maître René,
en fin tacticien qu'il est, décela directement en Marino des
qualités que ses anciens clubs n'avaient pas suffisamment exploitées
: en effet, de milieu droit, il le déplaça en distributeur,
infiltreur et soutien d'attaque, position où il excellera durant
toute la saison. Il accomplit son maiden-match sous nos couleurs lors
du match inaugural de la saison par une victoire contre Beveren (1-0)
le 5 août 1996. Son premier but le 19 août à Lommel
fut un véritable chef-d'uvre pour puristes, un cas d'école
: Vergueitchick récupéra le cuir aux abords du rectangle
Lommelois, le glissa à Marino qui s'échappa sur la gauche
pour prendre la défense à revers, puis pivota pour éviter
Scavone, feinta Cannaerts d'un crochet avant d'ajuster un tir enroulé
en pleine lucarne opposée
du grand art ! Il inscrira encore
trois autres buts : le 30 août il égalise à Sclessin
à la 66ème minute, le 16 décembre il ouvre la marque
contre Harelbeke à la 17ème (score final 3-1) et le 15
mars 1996 il clôt la marque contre Charleroi à l'ultime
seconde (3-1). Il disputera son 29ème match de championnat lors
de la journée finale qui nous classera en position européenne,
à la suite d'un éprouvant thriller contre l'encombrant
voisin de St Guidon. Marino avait distillé moult caviars au duo
Pierre-Wuyts et s'était érigé en véritable
patron dans une équipe où les joueurs à vocation
défensive avaient la préséance. Hélas, Malines
et le RWDM n'ayant pas pu trouver un accord financier pour l'achat du
joueur, Marino ne put goûter à la cerise sur le gâteau
de cette belle saison (les deux matches européens contre le Besiktas)
et se mit en quête d'un autre club.
Marino crut alors décrocher la timbale en rejoignant le MSV
Duisbourg et la célèbre Bundesliga en juillet 1996, en
y paraphant un contrat rémunérateur et alléchant,
portant sur deux saisons. Hélas, l'entraîneur Funkel n'en
voulut pas dans son système et s'obstina même lors des
matches amicaux d'avant-saison à en faire un back droit. Le foot
allemand se révéla bien trop physique et pas assez technique
par rapport aux aptitudes intrinsèques de Marino. Moralement,
Marino souffrit beaucoup lors de cette période où il s'entraîna
durement journellement sans pouvoir prester le moindre match le week-end,
contraint de suivre ses coéquipiers depuis la tribune. Voulant
absolument redevenir joueur, Marino prit conseil auprès de Gunther
Jacob au sujet d'une offre hellénique. Notre avocat lui conseilla
alors de signer son contrat via un agent FIFA afin de bien obtenir ses
salaires à jour et à heure
bien lui en prit ! Il
rejoignit donc le championnat Grec et l'Athinaikos qui se débattait
dans les tréfonds du classement. Si, professionnellement, il
participa bien à quasi tous les matches et sauva le club à
la 12ème place, force fut de reconnaître que ce ne fut
pas une expérience durable. Il y rencontra moult désagréments
tels que la barrière de la langue, une organisation défaillante
voire folklorique, une ambiance malsaine, un entraîneur de 66
ans complètement dépassé, des matches sans cesse
arrangés, ses primes données de la main à la main
dans les vestiaires en marks, etc. De plus, la capitale Athénienne
était tellement bruyante en permanence que Marino ne se souvient
même pas y avoir jamais entendu le chant d'un oiseau. Le président
d'Athinaikos tenta bien de le faire prolonger une seconde saison, mais
il préféra décliner l'offre pour rapatrier sa famille
en terre moins hostile.
Marino Sabbadini eut alors des contacts avancés avec Grenoble
qui évoluait en D2 Française, mais finalement, après
une année d'escapade, tel le fils prodigue, il rallia le Stade
Edmond Machtens et se relia 2 ans avec le RWDM. La saison 1998 fut hélas
semée d'embûches et nous vit finalement chuter en D2, mais
Marino fut fidèle à ses bonnes habitudes : il disputa
26 matches et inscrivit 4 buts (à Lommel, à Gand, contre
le Standard et contre Lokeren). Epinglons tout de même quelques
faits marquants : lors de notre victoire 0-2 au Parc Astrid le 16 août
1997, Marino fut le célèbre 4ème joueur à
être remplacé par Daniel Renders à l'ultime minute
; à Gand le 8 novembre 1997, il inscrivit le 1001ème but
du RWDM en D1 quelques minutes après Miletic ; enfin, le 10 mai
1998, pour son tout dernier match en D1, Marino déflora la marque
contre Lokeren (victoire 5-1, de quoi quitter la D1 la tête haute)
!
Lors de la saison 1999, Marino nous accompagna en D2 avec l'ambition
avouée de remonter de suite, mais l'ascenseur restera finalement
bloqué au second ! Comme à son habitude, Marino Sabbadini
fut bon pour 25 matches et 5 buts. Il débuta le championnat de
façon bizarre, les sensations s'entremêlant : il porta
le brassard de capitaine dès le match d'ouverture au Tivoli de
La Louvière le 19 août 1998, y inscrivit le but de la victoire
à la 59ème et fut ensuite injustement exclu sur la simple
demande de l'entraîneur adverse, Marc Grosjean. Il nous offrit
encore le but victorieux contre l'Antwerp (1-0) le 26 septembre, avant
de réduire la marque (3-4) contre le RTFCL à la 77ème
minute (et dire que si on avait gagné ce match, on passait en
tête de la D2) et de sauver notre honneur (défaite 4-1)
à Denderleeuw, match qui coûta sa place à l'entraîneur
Guy Vandersmissen. Ensuite, sous Ariël Jacobs, plus rien ne tourna
dans l'équipe et ça devint un véritable capharnaüm,
tout le monde aspirant à vite clore cette foutue saison 1999.
Marino trouva le chemin des filets adverses une dernière fois
le 20 mars 1999 contre Herentals et participa à son tout dernier
match sous nos couleurs lors de l'avant-dernière joute de championnat
contre Denderleeuw le 2 mai 1999.
Si sa seconde expérience au RWDM se révéla moins
faste que la première, force fut de reconnaître que les
qualités et la volonté de Marino Sabbadini n'y furent
strictement pour rien car lui demeura irréprochable jusqu'au
bout, dans son engagement comme dans son professionnalisme. Dire que
les arbitres nous ont cherchés lors de cette période reste
bien entendu une lapalissade, mais avec les statistiques de Marino,
cela prend toute son ampleur. En effet, Marino était avant tout
un joueur technique et agréable à regarder, il se faisait
bien plus souvent bousculer qu'à son tour, et, pourtant, il collectionna
pas moins de 17 bristols jaunes et 6 exclusions
bien loin de la
réputation fair-play que véhiculait ce gentleman !
En 2000, Marino vint se ressourcer en D3 au SK Tongres. Ayant décroché
un job de représentant dans le monde dentaire auprès de
la société Omega Pharma en 2001, Marino ne voulut pas
pour autant abandonner sa passion et signa pour 2 saisons à Lanaken
en Promotion. Il rallia ensuite le club de Mouland en P2 entre 2003
et 2005, y fêtant même une montée en P1. En 2006,
il prit la direction de S'Herenelderen (toujours en P1) où il
devint même entraîneur durant une dizaine de matches lorsqu'il
fut blessé au genou. Durant ce laps de temps, il changea également
d'employeur, mettant toutes ses aptitudes professionnelles au service
du groupe Dentaid. Il boucla ensuite la boucle en rejouant pour le club
de Smeermaas en 2007, mais son genou le supplia de mettre un terme à
sa carrière de joueur en décembre 2007, ce qu'il fit de
mauvaise grâce. Marino Sabbadini n'abandonna pas pour autant le
monde du foot puisqu'il prit la suite de l'entraîneur Benny Geebelen
au K Standard Elen en P2A où il officie toujours en 2008.
Entouré de l'amour de sa femme Gina, de son fils Dominic (né
en 1996 lors de sa première saison au RWDM) et de sa fille Minka
(née en 2001), Marino Sabbadini coule des jours aussi heureux
que paisibles dans son village de toujours, Lanaken
pas bien loin
de ses amis Guy Vandersmissen et Daniel Nassen avec qui il ne loupe
jamais l'occasion de reparler du bon vieux temps !