Michaël JONCKHEERE
Belge, né le 01/09/1987, 3 années au
FC Brussels, saisons 2006-2008, 25 matches (24 en D1, 1 en CB).
Originaire de La Hulpe, le jeune Michaël Jonckheere
naquit pile poil le jour de la rentrée scolaire 1987. Fils unique
de Karin et Jean-Luc qui tinrent absolument à lui fournir une
éducation sportive, le jeune Michaël fourbit ses premières
velléités physiques en enfilant le kimono sur les tatamis.
N'ayant pas mordu plus que cela aux joies des waza-ari et autres ippons,
Michaël opta pour la pratique du ballon rond après avoir
feuilleté les coupures de journaux relatant les exploits footeux
de son père Jean-Luc qu'il n'eut pas l'opportunité de
voir évoluer de ses propres yeux. Pour les plus jeunes d'entre
nous, rappelons en quelques lignes la carrière du paternel de
Mika : il débuta à La Hulpe avant de passer à 15
ans au Racing Jet de Bruxelles. Il y fut titulaire dès ses 16
ans en D3 en tant que médian défensif et fêta deux
montées successives via les tours finaux, rejoignant ainsi la
D1 en 1983-84. Drivés par un certain Johan Vermeersch et ensuite
Jean-Paul Colonval, ils culbutèrent directement en D2 avant de
remonter de suite pour deux nouvelles saisons sous la direction de Daniel
Renders et Raymond Goethaels. Il disputa ainsi une quarantaine de joutes
en D1 avant de poursuivre sa carrière sportive aux Francs Borains,
de retourner au Racing Jet (devenu entre-temps de Wavre) et de boucler
la boucle à Braine. Depuis qu'il a remisé les crampons
au clou, Jean-Luc officie en tant que fonctionnaire à la police
de
Molenbeek-Saint-Jean !
Pas étonnant donc que son père fut toujours de bon conseil
pour son fils, même s'il confesse souvent un léger excès
d'exigence et de critique
positives. Dès l'âge minimum
requis atteint, le jeune Michaël signa sa première carte
d'affiliation en 1993 au club local de La Hulpe. Il n'y demeura finalement
pas plus de 5 saisons vu qu'il y fut bien vite repéré
par un certain Patrick Thairet qui l'attira dans la célèbre
école de formation du RWDM pour ses 12 ans. Il disputa de suite
les tournois d'été avec les préminimes seconde
année avant d'intégrer l'équipe représentative
des minimes première année. Tout au long de son écolage,
il disposa des conseils éclairés des entraîneurs
Pira, Puterie, Cherrai et Pire. Il faillit même rejoindre le centre
de formation de l'AS Nancy Lorraine lorsqu'il n'accusait que 14 printemps,
mais il jura fidélité au RWDM. S'il évolua tout
d'abord aux avant-postes, l'entraîneur Daniel Puterie le fit plus
tard reculer dans le jeu afin de mieux exploiter ses atouts : technique
et vitesse. C'est donc au back droit (même s'il dépanna
également fréquemment dans l'axe de la défense)
que Michaël Jonckheere traversa toutes les catégories d'âge
en évoluant avec la meilleure équipe jusqu'à cette
funeste année 2002 où le club de son cur fut déclaré
en faillite et radié sans aucune rémission possible. Le
Lierse et la Gantoise lui firent alors les yeux doux, mais Michaël
préféra suivre les judicieux conseils de Jacques Colson
et Eddy Colpaert, et demeurer au Machtens, même s'ils n'alignèrent
plus qu'une seule équipe par catégorie d'âge.
Bien que son cadet d'un an, Mika se lia bien vite d'amitié avec
Steve Colpaert et ils eurent tout le loisir d'encore renforcer celle-ci
lors de la saison 2003 puisqu'en compagnie d'Isa Izgi, ils demeurèrent
toute la saison au sein du Machtens à jouer tantôt avec
les scolaires tantôt avec les juniors locaux alors qu'il n'y subsistait
plus aucun club officiellement reconnu. Sous la direction de Dolmen,
Thierry Cabeke et Alain Bailis, Mika s'endurcit bien vite en prestant
chaque semaine contre des adversaires à qui il rendait parfois
3 à 4 ans. Quelle magnifique preuve de fidélité
pour ce très sentimental Molenbeekois, tout marri de voir le
Stade Machtens laissé à l'abandon. Le nouveau projet FC
Brussels ayant ravivé les cendres encore fumantes du RWDM en
les saupoudrant du matricule du KFC Strombeek l'année suivante,
Michaël Jonckheere rejoignit tout naturellement cette nouvelle
entité Molenbeekoise avec qui il remportera d'ailleurs le titre
de champion de D2 dans la catégorie Scolaires. Ses qualités
ne passèrent nullement inaperçues au sein du championnat
des réserves de D2, tant et si bien que l'Union Belge le convoqua
bien vite au sein des équipes nationales représentatives
des -18 et -19 ans avec lesquels il se qualifia d'ailleurs pour l'Euro.
Jean-Luc voulant absolument (et à raison) que son fils mène
d'abord à bien ses humanités, l'entraîneur Emilio
Ferrera n'intégra Michaël dans le noyau A que lors de ses
congés scolaires à partir du mois d'août 2004. A
17 ans, il entrevit le Nirvana lorsque Robert Waseige le convoqua sur
le banc lors des 3 dernières joutes du championnat 2005 (à
Charleroi, contre le CS Bruges et à Mouscron). Le pied à
l'étrier et son diplôme à l'Athenée Royal
de Rixensart en poche, plus rien ne put l'empêcher de signer son
premier contrat professionnel de 3 ans en juillet 2005.
Professionnel full time, Mika entama la préparation de cette
saison 2006 au sein du noyau Bruxellois qui, troublante coïncidence,
accueillait pas moins de 3 fils ayant pour père un ancien joueur
de D1 (Kristof Snelders, Kristoffer Andersen et lui-même). L'heure
de Michaël Jonckheere allait sonner quelques semaines après
ses 18 ans lors de la 12ème journée de championnat. Nous
recevions le KRC Genk en ce 29 octobre 2005 et Igor De Camargo avait
inscrit le seul but de la partie à la 31ème minute. On
jouait la 56ème lorsque Christ Bruno se vit brandir sa seconde
carte jaune, synonyme d'exclusion. Afin de préserver ce résultat,
l'entraîneur Albert Cartier sortit De Camargo et intronisa Michaël
au poste de back droit pour les 32 dernières minutes du match.
Recevant une décharge d'adrénaline, le jeune Mika ne mit
que quelques minutes à trouver ses marques et musela parfaitement
le très dangereux Engelaar. Pour un baptême du feu, ce
fut un rêve tout éveillé ! Dès la semaine
suivante, Mika presta l'entièreté du match à Mouscron
en remplacement du suspendu Bruno. Pour une première saison parmi
l'élite, notre teenager tira parfaitement son épingle
du pied en créditant son compteur personnel de 9 capes de D1
et 1 de Coupe de Belgique.
La saison 2007 devait être celle de la confirmation tant attendue
et elle le fut
à moitié ! Mika entama la saison
de la plus belle des façons en prestant 6 des 7 premières
joutes. Il prit même part à 12 des 15 premiers matches,
mais c'est à ce moment fatidique que le président Johan
Vermeersch changea diamétralement son fusil d'épaule,
brûlant soudainement ce qu'il avait adulé auparavant, jetant
tous nos talentueux et prometteurs jeunes (ses " peanuts "
comme il disait) aux oubliettes sans même leur donner la moindre
explication tangible. Nous n'étions certes pas classés
dans les hautes sphères et faisions même par moments de
la corde raide, mais de là à transférer à
tour de bras des mercenaires insensibles à l'amour de nos maillot
et écusson, il y avait sans doute une marge à ne pas franchir.
Toujours est-il que le pauvre Michaël, à l'instar de toutes
les jeunes pousses Molenbeekoises, vit du coup son temps de jeu fondre
comme neige au soleil. C'est ainsi qu'il n'ajouta plus que 3 rencontres
à son palmarès lors de ce second tour, totalisant finalement
15 capes de D1 en cette saison. Michaël Jonckheere porta finalement
nos couleurs pour la dernière fois lors de la 28ème rencontre
le 7 avril 2007 lorsqu'il doubla Kalulika lors de l'ultime minute à
Mouscron (2-2). Entre-temps, Michaël avait également changé
de manager : Daniel Striani et Petrovic ayant remplacé Patrick
De Koster.
Michaël pensa avoir mangé son pain noir en juin 2007 et
imagina un retour en grâce imminent avant d'entamer la saison
2008
que nenni, il allait boire le calice jusqu'à la lie
! C'est Dimitri M'Buyu, le manager du Brussels et messager des basses
besognes, qui lui apprit la bien mauvaise nouvelle : il ne pouvait pas
reprendre les entraînements avec les pros mais devait se contenter
d'entraînements vespéraux au milieu des réserves,
tests et autres espoirs. Non seulement, il n'eut jamais aucune explication
ni orale ni écrite (tout comme les autres jeunes bannis d'ailleurs)
de la part de son président Johan Vermeersch qui préféra
lâchement opter pour la politique de l'autruche, mais c'est par
téléphone que M'Buyu lui fit part de sa disgrâce
quel manque évident de tact et de politesse vis-à-vis
de jeunes issus de notre propre vivier. Malgré ses insistances
incessantes, jamais il ne put obtenir de sa direction la moindre seconde
d'explication. Tout au plus eut-il droit de la part de son entraîneur
Albert Cartier à un " désolé ça vient
de plus haut, moi j'aimerais tant pouvoir compter sur vous (Jonckheere,
Durieux, De Troetsel, etc) ! " Alors qu'il affichait un statut
professionnel, Michaël n'eut donc d'autre ressource que de rester
chez lui toute la journée avant de se voir permettre de pouvoir
entretenir sa condition avec des étudiants en soirée
Faisant contre mauvaise fortune bon cur, Mika presta donc tout
le premier tour de cette compétition 2008 avec les Réserves,
espérant toujours que son heure reviendrait. Lors du mercato
d'hiver, Mika fut alors courtisé par 3 clubs de D2 (Antwerp,
Waasland et Tubize) et 2 entités de D3 (Meldert et St Niklaas-Nieuwkerken).
Mika afficha alors sa préférence pour le club Tubizien
où Philippe Saint-Jean le désirait très ardemment,
mais c'était de nouveau sans compter sur l'obstruction répétitive
de Johan Vermeersch qui ne voulut le prêter qu'en D3 afin de lui
donner encore plus de temps de jeu ! Le club cher au bourgmestre Langendries
eut beau proposer une petite somme de transfert assortie d'un pourcentage
à la revente, rien n'y fit et notre borné et entêté
président préféra encore laisser moisir son jeune
joueur (quasi en fin de contrat) en réserves, quitte à
devoir ensuite le laisser partir gratuitement. Si Michaël Jonckheere
avait contacté le célèbre Maître Misson,
il aurait très certainement obtenu sa liberté anticipée
vu qu'on l'empêchait tout simplement de pratiquer son métier
(Dahmane enfoncera plus tard la même porte), mais Mika aimait
encore trop son club pour pratiquer de telles bassesses. Nous n'étions
toutefois pas au bout de nos surprises puisqu'en janvier 2008, suite
à un excellent match de réserves disputé face à
Iakovenko et au KRC Genk, Mika eut la surprise de recevoir une nouvelle
proposition de contrat de 2,5 ans par l'entremise de Jean-Paul Colonval,
ce qu'il refusa poliment ! Il put encore disputer deux joutes au Standard
et à St Trond avant de s'entendre dire qu'il ne pouvait plus
non plus s'aligner avec les Réserves. Entre-temps, il avait pris
une sage décision pour son avenir : il s'était lié
pour 2 saisons (avec option pour une 3ème) avec les Tubiziens
qui in fine remporteront le tour final de D2 et fêteront l'accession au sein de notre élite nationale tandis que le Brussels, au sortir d'une calamiteuse saison, emprunta le chemin inverse... quelle revanche sportive ! Après
avoir brièvement raconté son histoire dans le Foot Magazine
ainsi que sur le site www.rwdm-fcbrussels.be (ici donc), Michaël
Jonckheere reçut le 31 mars 2008 (un jour avant le célèbre
poisson d'avril !) une lettre recommandée du FC Brussels le sommant
de ne plus se présenter aux entraînements mais l'assurant
toutefois qu'il serait bel et bien rémunéré jusqu'au
terme de son contrat (30 juin 2008) !
Bonne chance à toi, Mika, tu aurais mérité un
tout autre traitement que celui qui te fut réservé par
notre direction, prouve-lui seulement qu'elle s'est lourdement fourvoyée et que tu vaux bien la D1
! Pour nous, Brussels Boys, tu es et tu demeureras toujours de la famille
!
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