Mohama ATTE-OUDEYI "ZANZAN"
Togolais, né le 09/02/1980, 1 année au FC Brussels, saison
2007, 24 matches (23 en D1, 1 en CB), 1 but (1 en D1).
Originaire de la capitale Lomé au Togo, Mohama Atte-Oudeyi eut
l'immense chance de naître dans une famille fort aisée,
au milieu de ses quatre frères et de ses deux surs. Ses
parents, commerçants de leur état, déménagèrent
bien vite vers le Nord du Togo tout en pratiquant scrupuleusement la
religion Islamiste. C'est ainsi qu'après avoir effectué
le grand pèlerinage de La Mecque (le Hadj) entre le Togo et l'Arabie
Saoudite l'année de sa naissance, son père l'affubla du
surnom de " Zam Zam " qui signifie eau purifiée de
l'océan en dialecte togolais.
Sa carrière de commerçant semblait toute tracée
de par son hérédité, mais le foot prenait trop
de place dans la tête et le cur du jeune Mohama qui délaissa
ses études dès ses 16 ans afin de se consacrer à
sa passion du ballon rond. Dès 1996, il porta donc les couleurs
du Modèle Dyto de Lomé, le troisième club de la
ville côtière, bordée par le vent de l'Atlantique
et gorgée de poissons. Une saison plus tard, il mit le cap sur
Kara, la deuxième ville du pays, où il se lia avec l'Asko,
deuxième club du pays derrière le Semassi Sokodé.
C'est lors de cette saison 1997 qu'il goûta aux premières
joutes continentales en participant à la Coupe de la CAF (équivalent
de notre Coupe des Vainqueurs de Coupe).
Il déménagea à nouveau en 1998, puisqu'il s'embarqua
pour le Niger et plus précisément pour Niamey où
il signa pour le prestigieux club de la Jeunesse Sportive Ténéré,
le champion en titre. Hélas pour lui, il ne s'acclimatera jamais
ni au climat ni à la nourriture. Il se situait en plein désert
(ils devaient s'entraîner au lever et jouaient en soirée
par plus de 35 degrés
sans vent) et n'y trouvait que de
la viande (et pas de poisson). Il n'y resta donc que quelques mois,
malgré un très lucratif contrat. Il rallia alors la Côte
d'Ivoire et sa capitale Abidjan, terre promise et passage obligé
vers l'Europe pour tous les footeux d'Afrique de l'Ouest. Il se rallia
au quatrième club de la hiérarchie derrière l'ASEC,
le Stella et le Stade, le FC Satelitte Abidjan. Il y demeura finalement
4 saisons en apprenant le métier et attendant patiemment son
heure.
En octobre 2002, le manager Willy Verhoost l'embrigada
au profit de Lokeren
mais il fut prêté jusqu'en juin
2003 au Germinal Beerschot pour lequel il ne participera finalement
qu'à 6 matches de championnat. Il passera alors enfin au Daknam
où il allait évoluer durant 3 saisons (de juillet 2003
à juin 2006). Les deux premières saisons allaient se dérouler
comme dans un rêve pour " Zanzan " (hé oui, pour
les Belges, c'était plus facile à retenir et énoncer
que " Zam Zam " !) qui prestera pas moins de 33 joutes de
compétition, avec un petit but à la clé en prime
(contre le Standard fin 2005). Il encoura ensuite un problème
au cartilage du genou, à la veille de la CAN en Egypte. La direction
Waeslandienne voulut lui interdire d'y participer, mais on sait ce que
représente cette compétition pour les joueurs Africains
et Zanzan, en tant que capitaine de sa sélection représentative,
se faisait une joie et un honneur d'enfin disputer un grand tournoi
avec le Togo, également qualifié pour la Coupe du Monde
en Allemagne de 2006, ce qui était une grande première
pour leur nation ! Il participa donc à la CAN au Caire et fut
ensuite placé sur une voie de garage par son club, que son entraîneur
Slavo Muslin avait alors déserté. Hélas, il se
mit également en porte-à-faux vis-à-vis de sa fédération
puisqu'il alla quémander (en tant que capitaine et donc porte-parole
du groupe) les primes promises mais jamais versées aux différents
joueurs pour ces deux qualifications successives. Il paya très
cher cet acte de mutinerie puisque son nom " sauta " de la
liste des 23 Togolais pour la Coupe du Monde, ce qui constitue sans
conteste la plus grosse déception de sa carrière professionnelle.
A ce jour, il regrette toujours le manque de cohésion et d'esprit
de groupe parmi les autres Eperviers qui l'ont joué en solo et
ne l'ont nullement défendu. Alors que l'ancien sélectionneur
national Stephen Keshi l'avait systématiquement toujours convoqué
même lorsqu'il ne jouait pas avec Lokeren, son successeur Otto
Pfister le mit complètement de côté ! Ces déboires
ne l'empêchèrent nullement d'être, comme tous ses
coéquipiers internationaux, nommé Chevalier de l'Ordre
du Mono (équivalent à la Légion d'Honneur) par
le président de la république. Il faut bien reconnaître
qu'il avait participé à l'intégralité des
matches qualificatifs et qu'il comptait alors 35 sélections A
et 2 buts à son compteur.
Mohama " Zanzan " Atte-Oudeyi fut le second transfert du
mercato d'été du FC Brussels en juin 2006, juste dans
la foulée d'Ebrima Sillah. Directement, il s'y sentit chez lui
et s'imposa au back gauche, une place qui ne possédait pas encore
de titulaire fixe depuis deux ans même si un Christ Bruno y dépannait
très souvent de bien belle façon (malgré qu'il
jouait " sur son mauvais pied " !). S'il ne fallait pas lui
demander d'expédier une passe précise ou une relance de
35 mètres, de déborder sur son flanc pour centrer au cordeau,
on pouvait en tous cas compter sur lui à 200% pour s'occuper
physiquement de son adversaire, il ne rechignait ni à la tâche
ni à la basse besogne. Il fit donc ses grands débuts officiels
sous notre vareuse lors du match initial contre Mons le samedi 29 juillet
2006. Lors de la 11ème joute contre Mouscron, le 4 novembre 2006,
il eut même le bonheur d'ouvrir le score en battant Luzi de la
tête dès la 3ème minute. Il connut une fortune diverse
dès la semaine suivante lorsqu'à Roulers il fut pris à
partie par une frange raciste du public adverse, au même titre
qu'Ebou Sillah, ce qu'il n'avait pas encore dû subir en nos contrées.
Il disputera même 14 des 17 rencontres du premier tour tout en
n'écopant " que " de 3 cartes jaunes
il faut
dire que ses fautes, accompagnées de sa mimique mi-étonnée
mi-maladroite, semblaient parfois tellement grossières que les
arbitres devaient se dire " pas possible, il ne l'a pas fait exprès
" !
Suite au classement catastrophique du club à mi-parcours, on
recruta à tour de bras au mercato d'hiver (une grande spécialité
Molenbeekoise s'il en est !) et la concurrence devint bien mieux achalandée
c'est ainsi que débarqua le jeune Lillois Dieudonné Owona.
S'il donnait l'impression d'être moins intransigeant sur l'homme
et de posséder moins de planches, il fallut bien reconnaître
que ce dernier était bien plus vif et participait bien plus à
la reconversion offensive de l'équipe, ce qui était un
des chevaux de bataille de notre président. Se sentant poussé
vers le banc de touche, il trouva même de l'embauche à
Bucarest
où il fut refoulé lors de la visite médicale,
jugé en trop petite condition physique !!! La hache de guerre
enterrée, les Eperviers recontactèrent même Zanzan
afin qu'il veuille bien se remettre à la disposition de son équipe
nationale pour les éliminatoires de la CAN 2008, mais ce dernier
préféra se consacrer entièrement à son employeur
et lui prouver qu'ils avaient eu tort de croire aussi sporadiquement
en lui. Mordant sur sa chique et répondant toujours présent,
il prit tout de même part à 9 matches du second tour, ce
qui le place en très honorable cinquième position des
joueurs les plus utilisés lors de cette saison 2007.
Si vous voulez un petit pronostic : Dieudonné
Owona a tout intérêt à rester bien concentré
en permanence sur son job en 2008 car Zanzan sera toujours derrière
lui pour lui imposer une saine concurrence
en attendant mieux
! A l'inverse de ses frères et soeurs éparpillés
en Allemagne et aux USA, Mohama demeure fort casanier et ne quitte que
rarement son domicile de Forest où il vit paisiblement au milieu
de sa femme, sa fille (5 ans) et son fils (6 mois).