Morten OLSEN
Danois, né le 14/08/1949, 4 années au
RWDM, saisons 1977-1980, 158 matches (135 en D1, 14 en CE et 9 en CB),
14 buts (13 en D1 et 1 en CE).
Morten Per Olsen naquit le 14 août 1949 dans
le village de Vordingborg au Danemark. Il y usa ses premiers crampons
dès l'âge de 8 ans dans le club local du Vordingborg BK
où il restera finalement 12 ans, de 1957 à 1969. A 20
ans, il fit le grand saut vers le top de la D1 Danoise en signant au
B1901 Nykobing Falster où il prestera 3 saisons entre 1970 et
1972. En septembre 1970, il fit même ses débuts en équipe
nationale des -21 ans contre la Pologne, match qu'il agrémenta
d'ailleurs d'un but. Il allait finalement officier 5 matches avec les
-21 ans avant de recevoir trois petites semaines plus tard (le 23/09/1970)
sa première sélection chez les " grands ", les
" A ", contre la Norvège.
En 1973, il devint professionnel à plein temps
et tenta la grande aventure de l'étranger en signant au CS Bruges
en Belgique où son acclimatation sera facilitée par un
autre Danois qui y officiait déjà depuis deux saisons
(bien qu'il était de deux ans son cadet), un certain Benny Jorgen
Nielsen
et ils n'allaient plus arrêter de se croiser ! Ils
furent les tout premiers pionniers de la grande " invasion "
Danoise (dont les joueurs étaient alors encore abordables financièrement)
dans le championnat Belge et qui permirent d'en rehausser le niveau.
Cette Danish Connection s'entendit comme larrons en foire, Benny et
Morten occupant tour à tour les flancs gauche et droit de l'attaque
en véritables ailiers de débordement, tournant en bourriques
leurs adversaires médusés, surpris par tant de vélocité
et de célérité. Alors que le CS Bruges venait juste
d'être promu en D1, ils l'installèrent dès leur
première saison commune au quatrième rang de notre hiérarchie
nationale, un véritable exploit qui allait attirer bien vite
les regards des recruteurs de plus grands clubs. Ils jouèrent
de concert deux saisons, avant que Benny ne s'en aille au RWDM en juin
1974 pour y devenir champion de Belgique, montrant à nouveau
la voie à suivre à son compatriote. Morten, lui, prestera
finalement pas moins de quatre saisons au CS Bruges (143 matches de
D1 pour 11 buts) et ne se décida qu'en juin 1976 à rejoindre
lui aussi les Molenbeekois afin de franchir un nouveau pallier dans
sa progression et rejoindre son pote Nielsen
une seule saison.
Morten Olsen demeurera finalement quatre belles et inoubliables saisons
chez nous (les dernières en tant que grande équipe pour
le RWDM d'ailleurs
et ça n'a rien d'un hasard !). Afin
de peser tant et plus sur l'équipe adverse, Morten recula dans
le jeu et prit possession de la ligne médiane au milieu des Boskamp,
Nielsen, Bonsink, De Bolle et autre Cordiez. Il y évoluera aussi
bien à gauche qu'à droite, autant au milieu défensif
qu'offensif. Très vite, il s'avéra un joueur sûr,
précieux, intelligent et charismatique !
Sa saison inaugurale, celle de 1977, restera celle de l'aboutissement
et de l'apothéose européenne. Il sera même le joueur
le plus utilisé cette saison-là avec Bjerre et Wellens,
et totalisera pas moins de 46 capes officielles cette saison-là,
ne loupant aucun match de championnat ni de coupe d'Europe ni de Belgique
! Il fit son maiden-match chez nous le 29 août 1976 lors d'une
victoire 0-2 en 32ème de Coupe de Belgique à Bastogne
et inscrivit son premier but sous nos couleurs le 16 octobre 1976 contre
Waregem (3-0). Il en inscrira finalement cinq autres cette saison-là
contre l'Antwerp, Beringen, Winterslag, Charleroi et à Malines.
Si nous nous classâmes finalement qu'en quatrième position
du classement domestique, c'est surtout notre fabuleuse épopée
européenne qui marquera notre saison 1977. On allait se hisser
jusqu'en demi-finale contre l'Athletic Bilbao et se faire éliminer
sans même avoir perdu un seul de nos dix matches contre les Naestved,
Wisla Cracovie, Schalke 04, Feyenoord et Bilbao. Morten apporta sa pièce
à l'édifice en participant aux dix rencontres tout en
inscrivant un but hautement important à Cracovie à la
74ème minute (1-1). Il aurait même pu devenir notre héros
à vie lors de la demi-finale contre Bilbao lorsqu'il toucha du
bois à la suite d'un magnifique shot
mais quelques centimètres
nous sépareront à jamais de cette finale européenne.
Si la saison 1978 amorçait quelque peu notre future descente
aux enfers avec une décevante septième place au général,
Morten, lui, réalisa à nouveau un grand chelem en prestant
les 41 matches officiels possibles (34 en championnat, 3 en Coupe de
Belgique et 4 en Coupe d'Europe). Il inscrivit également 4 buts
cette saison, mais c'est surtout de son dernier dont on se souviendra.
S'il avait bien scoré à deux reprises contre Courtrai
et une fois à l'Antwerp, c'est plutôt son ouverture du
score à la 35ème minute au Parc Astrid le 21/01/1978 qui
nous a marqué les esprits à l'encre indélébile,
Rensenbrink égalisant finalement en seconde période.
Si notre saison 1979 s'avéra un poil meilleure (nous nous classâmes
5ème à seulement 4 points de la seconde place), le fait
marquant de cette saison fut que Morten Olsen loupa
un match officiel
(33 sur 34 en championnat et 2 sur 2 en Coupe de Belgique) le 5 novembre
1978 à Winterslag, mettant fin à une série de 98
matches d'affilée.
Notre superbe saison 1980 qui nous vit à nouveau jouer les premiers
rôles en terminant sur le podium du championnat, marqua malheureusement
la fin de la collaboration entre le RWDM et Morten Olsen qui n'avait
nullement dérogé à ses très bonnes habitudes.
En effet, il rendit à nouveau un bulletin parfait en prestant
les 36 joutes officielles (34 en championnat et 2 en Coupe de Belgique)
! En fait, ça devrait figurer dans notre Guiness Book des records,
mais Morten Olsen aura finalement participé, sur les 4 saisons
dont il nous honorera de sa présence, à 158 rencontres
officielles sur les 159 possibles, un véritable métronome,
symbole de régularité !!! Il trouvera également
l'ouverture à trois reprises, contre Winterslag, Lokeren et Waterschei.
C'est à regret que nous le vîmes une dernière fois
fouler la pelouse de notre Temple le 11 mai 1980 lors d'une victoire
3-0 contre Beveren.
Il demeurera à jamais un des derniers tout tout grands artistes,
humainement comme professionnellement, que le RWDM aura connu sur ses
29 années d'existence.
Fin 1980, Morten Olsen sentit bien, lui aussi, que notre bon vieux
RWDM entamait déjà sa phase descendante et rejoignit les
troupes de St Guidon (où il retrouva à nouveau une seule
saison un Benny Nielsen qui l'y attendait depuis 3 ans). Avec Anderlecht,
il allait tant et plus étoffer son palmarès, y restant
finalement 7 saisons entre 1981 et 1986. Il y recula à nouveau
dans le jeu pour se positionner en véritable libéro moderne
: dirigeant la défense de main de maître avec les Broos
et autre Peruzovic, tout en créant fréquemment le surnombre
devant. Il y remporta trois titres (1981-1985-1986) et une coupe de
l'UEFA (1983 contre Porto), perdit une autre finale européenne
(contre Tottenham où il avait pourtant inscrit un but, insuffisant)
tout en se targuant du titre honorifique de Meilleur Joueur Danois de
l'Année en 1983 et 1986, excusez du peu !
C'est également durant toute cette période qu'il brilla
de mille feux en équipe nationale représentative. Il fit
partie de la première équipe nationale Danoise ayant réussi
la gageure de se qualifier pour une phase finale de Coupe du Monde et
de Championnat d'Europe
mieux même, il en fut le capitaine
dès avril 1983 ! Pour leur premier tournoi majeur, le CE de 1984
en France, une vague nordique déferla sur l'hexagone et ils ne
furent stoppés in extremis qu'en demi-finale par l'Espagne d'Arconada.
Ils allaient également accomplir dans la foulée une toute
belle Coupe du Monde 1986 au Mexique, ne tombant qu'en quart de finale
contre les mêmes Espagnols. Leur percée avait été
remarquée et elle deviendra remarquable au CE de 1988 en Allemagne
où ils remportèrent, sans pression ni coup férir,
le titre de champion d'Europe, ni plus ni moins, suscitant un tsunami
de fraîcheur, de passion et de sympathie
la célèbre
" Danish Dynamite " était née !
A près de 37 ans, tout le microcosme footballistique le voyait
raccrocher les crampons au lendemain du Mondial 1986 en Mexique, mais
c'était sans compter sur la volonté d'un magnifique professionnel
qui se soignait toujours comme un jeune premier. En effet, à
cet âge " avancé " il allait même se lancer
un nouveau défi, s'offrir une dernière pige et découvrir
la Bundesliga en signant à Cologne où il restera encore
finalement 3 saisons (1987-1989) ! Aidant le club à se stabiliser
la première saison, ils se classèrent ensuite troisième
et vice-champion d'Allemagne. Finalement il affichera 80 matches de
Bundesliga et 2 buts à son compteur avant de tirer sa révérence.
Il y presta son dernier match le 10 juin 1989 contre le FC Sankt Pauli
et mérita mille fois sa standing ovation que lui avait concoctée
son trainer en le retirant du jeu à la 63ème minute.
Mais son adieu définitif au grand public en tant que joueur,
il y eut droit le 18 juin 1989 à quelques jours de ses 40 ans,
lorsque le Danemark étrilla le Brésil (4-0) où
il reçut à nouveau un " remplacement-applause "
à la 63ème minute. Il demeurera à jamais le premier
joueur Danois à avoir passé le cap des 100 sélections
et à avoir été capitaine à plus de 50 reprises,
même si, avec ses 102 capes (et 4 buts), il fut finalement dépassé
par les 104 de Michael Laudrup.
Comme beaucoup d'autres anciens maestros, il se dirigea ensuite tout
naturellement vers la précaire profession d'entraîneur
où il put rétribuer une partie de ses grandes compétences.
Toutefois, étant un homme entier et intègre, et surtout
pas un homme de compromis, il y alterna en permanence titres, disputes
avec des joueurs, limogeages et période d'inactivité.
Il débuta tout naturellement ses nouvelles fonctions dans son
pays natal à Brondby en janvier 1990. Quand ils se séparèrent
en mai 1992, le club s'était enrichi de deux titres nationaux
et même d'une demi-finale de la Coupe UEFA en 1991.
Il resta ensuite une année sans contrat avant de céder
aux sirènes d'un de ses anciens clubs, Cologne, en avril 1993.
Il les sauva de la relégation tout en obtenant, en Allemagne,
son diplôme d'entraîneur, avant de les quitter en août
1995.
A nouveau, il se permit deux années sans officier, avant de reprendre
en mains l'Ajax d'Amsterdam de juillet 1996 à décembre
1998. Il y emmena Michael Laudrup comme entraîneur-adjoint et
y décrocha le doublé coupe-championnat en 1998, avant
d'être la victime d'un complot organisé par les jumeaux
de Boer.
Encore une fois, il se ressourça 18 mois avant de remplacer au
pied levé Bo Johansson à la tête de l'équipe
nationale Danoise, le 1er juin 2000. Fidèle parmi les fidèles,
il s'entoura à nouveau de son entraîneur-adjoint Michael
Laudrup. Sans coup férir, il qualifia son équipe représentative
pour les phases finales de la Coupe du Monde 2002 en Corée et
du Championnat d'Europe 2004 au Portugal où ils ne tombèrent
respectivement qu'en huitième contre l'Angleterre et en quart
contre la Tchéquie. Hélas, il loupa la qualification pour
la Coupe du Monde 2006 en Allemagne que pour un seul tout petit point.
Arrivé en 2006 au bout de son contrat avec la fédération
Danoise (DBU), il reçut moult propositions (dont l'insistant
Besiktas), mais Morten, adepte de la créativité et du
beau jeu, préféra reconduire son bail avec l'équipe
nationale jusqu'en 2010.
Actuellement, à près de 58 ans et aux côtés
de sa charmante épouse Belge, Mireille, Morten Olsen vit toujours
en banlieue Bruxelloise
dans son second pays où il a finalement
déjà vécu plus de 30 années !
